COLLECTION MOBILIER EXO PAR GRÉGOIRE DE LAFFOREST

Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest
Grégoire de Lafforest, designer français nous présente sa toute nouvelle collection baptisée Exo, armoire, guéridon et table basse mêlent bois et métal en exosquelette !
S’appuyant une nouvelle fois sur le règne animal, le squelette est souvent remplacé par une carapace ou structure garantissant la tenue de l’animal, mollusque et invertébrés ! Ainsi pour chaque pièce, l’armature métallique s’écarte du bois l’encadrant, le protégeant, le mettant en valeur !
Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest Collection mobilier Exo par Grégoire de Lafforest
« L’exosquelette (littéralement « squelette en dehors »), est une caractéristique anatomique externe qui supporte et protège un animal. Beaucoup d’invertébrés, comme les insectes, les crustacés et les mollusques, possèdent un exosquelette. La partie abdominale d’un exosquelette est communément appelée « carapace ». Des recherches technico-scientifiques développent actuellement des exosquelettes biomécaniques ou motorisés pour des besoins militaires, mais aussi médicaux ou industriels. Ce sont des versions modernes et techniques des armures des chevaliers du Moyen âge, lorsqu’ils enveloppent des êtres humains; ce sont aussi les peaux des robots humanoides. Robert A.Heinlein est l’inventeur du concept de l’exosquelette en science-fiction.*
Avec sa collection « EXO », par référence à l’exosquelette, créée en exclusivité pour la galerie Gosserez, Grégoire de Lafforest donne le premier rôle aux éléments du meuble qui sont en général ou bien cachés, ou bien considérés comme secondaires. Rendu évident et enveloppant, comme omniprésent, le piétement devient l’élément graphique et esthétique qui détermine  les contours de l’objet. Le secondaire devient le principal. Pour mieux nous interroger sur la stabilité des objets, leur rigidité, et les rapports de force qui les composent (qui porte qui ?), Grégoire de Lafforest met en scène un choc visuel opposant des volumes simples et pleins (cube, cylindre, sphère) à des architectures complexes et aériennes. De ces jeux tendus entre extrêmes complémentaires, naît un principe d’équilibre qui confère à ces meubles une esthétique nouvelle. Innovation et classicisme, matériaux nobles et dessin épuré, élégance sans ostentation, EXO fait la synthèse des travaux personnels de Grégoire de Lafforest, qui lui ont valu d’être lauréat du VIA quatre années de suite depuis 2011.  Un bloc monolithique lourd et minimaliste qui flotte, comme en lévitation. Un exosquelette qui l’entoure et s’y oppose, à la fois vide et complexe. L’armoire, bloc de bois pur, est comme sertie.« 
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PARAMETRIC BIKE STAND LE BANC À VÉLO

Parametric Bike Stand le banc à vélo
Le jeune designer macédonien (une première) Nikola Kungulovski nous présente son projet Parametric Bike Stand, banc public mêlant assise et rangement pour vélo.
Bois métal, tout métal, tout bois, au stade de projet le designer imagine de nouveaux espaces urbains de détente à disposer dans nos futures parcs publics ?
Parametric Bike Stand le banc à véloParametric Bike Stand le banc à véloParametric Bike Stand le banc à véloParametric Bike Stand le banc à vélo

Trois designers remportent le Prix Émile Hermès 2014


Johan Brunel et Samuel Misslen, La Capsule ventilée, 2014 (©Marc Domage. ©Fondation d’entreprise Hermès, 2014)

La Fondation d’entreprise Hermès a remis son Prix international de Design à trois lauréats ex-aequo.


Depuis sa création en 2007, le Prix Émile Hermès soutient l'innovation et promeut la jeune création dans le domaine du design. Pour cette troisième édition, les participants devaient présenter un prototype autour de la thématique « un temps pour soi », imaginant de quelle manière l'objet pouvait permettre de« se ménager la possibilité d'une suspension des flux dans un monde rapide, qui se nourrit du continuum ininterrompu des actes, des pensées et des obligations ». Parmi les douze finalistes, le jury, présidé par le designer et architecte Michele De Lucchi, a décerné son Premier Prix à Johan Brunel et Samuel Misslen, de l'atelier[jes], pour leur Capsule ventilée, et à Antoine Lesur et Marc Venot, pour leur projet de dossier mural, Hut. Le designer suisse Paul Tubiana s'est également vu décerner le Premier Prix avec son prototype d'éventail, Léon. Les trois designers ou collectifs de designers recevront une dotation de 30 000 EUR. Une mention spéciale du jury a été attribuée au duo indien Suman et Poulami Biswas, qui, avec leur fauteuil Mola, ont réalisé « un travail artisanal illustrant la diversité des cultures représentées au sein de ce concours ». Pour Michele De Lucchi, les jeunes designers qui concourent au Prix Émile Hermès « peuvent [...] pleinement se consacrer à la question de l'homme dans son environnement et imaginer des conditions de vie meilleures. Ce qui est le propre du designer ».

Fontainebleau : le faste retrouvé du Théâtre impérial

Le Théâtre impérial de Fontainebleau ( Photo :  Gilles Coulon).

Témoin exceptionnellement préservé des fastes de la cour de Napoléon III, la salle du théâtre impérial du château de Fontainebleau vient de connaître une restauration exemplaire.


Il est des lieux magiques, où le temps s'est arrêté. Le théâtre du palais de Fontainebleau est l'une de ces troublantes machines à remonter le temps. Construit à la hâte par Hector Lefuel, l'architecte qui, quelques années plus tard, allait mener l'énorme chantier de l'achèvement du Louvre, il fut inauguré en 1857. Ce petit théâtre de 430 places remplaçait la salle dite de la Belle Cheminée, en usage depuis l'époque de Louis XIII. Sitôt délaissée, celle-ci fut détruite par un incendie. Par crainte du feu, grand dévorateur de salle de spectacles, les représentations du nouveau théâtre se donnaient en présence d'une brigade entière de sapeurs-pompiers. Il n'y en eut qu'une quinzaine... et le théâtre s'endormit. Tout y était conservé, la salle blanc et or inspirée du petit théâtre de Marie-Antoinette à Trianon, avec ses sculptures en carton-pierre, ses soieries bouton d'or, son mobilier néo Louis XVI, son plafond peint ; la scène avec sa machinerie, ses décors ; les salons de l'empereur, de l'impératrice et de leurs invités ; et encore le foyer et les loges des artistes, avec leur papier peint d'origine. Sans oublier la fosse d'orchestre, ses tabourets et ses pupitres. Tout y était conservé, mais dans un état d'extrême fragilité. La première tranche de restauration qui s'achève a porté sur la salle et ses abords, et sur le salon de l'empereur. Elle a été pilotée par l'Opérateur du Patrimoine et des Projets immobiliers de la Culture(Oppic) agissant en tant que maître d'ouvrage délégué. Son financement, 5MEUR, a été assuré par un mécénat exceptionnel dans le cadre de l'accord signé entre la France et les Émirats Arabes Unis pour la création du Louvre Abu Dhabi. Le théâtre porte désormais le nom de Son Altesse le cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d'Abu Dhabi.
Un théâtre construit en un an
La fragilité du théâtre tient d'abord aux conditions dans lesquelles il a été construit, en un an seulement, dans l'aile Louis XV des appartements. « Pour installer le théâtre dans cette aile, Lefuel a démoli tous les murs de refend, ne gardant que l'enveloppe des murs extérieurs », explique Patrick Ponsot, architecte des Monuments historiques chargé de la restauration des structures et des décors immobiliers. « Or le théâtre était mal raccordé au bâtiment du XVIIIe siècle. Par ailleurs, la charpente de bois et de métal remployait certains bois du XVIIIe siècle qui avaient pris l'humidité, cette aile inachevée étant restée sans fenêtre jusqu'au XIXe siècle. Il a fallu extraire les bois contaminés par la mérule, et traiter les murs. » Des tirants reliant les murs extérieurs ont permis de rendre une cohésion à l'ensemble. Le théâtre de bois, de fer et de plâtre a été solidement arrimé à son enveloppe de pierre. Dans la salle, l'étage de la corbeille où se trouve la loge impériale, a été repris en sous-oeuvre, afin de maintenir en place le décor textile de soieries et la moquette. L'arc de scène, structure de bois et de fer un peu « bricolée », était défaillant. Il a été consolidé ponctuellement. Ce travail de haute couture a évité un démontage complet, trop radical. Les couvreurs du Second Empire s'étaient débarrassés de leurs gravats sur le plancher surplombant le plafond de la salle, un amas qui non seulement pesait sur la structure mais agissait comme une éponge, concentrant l'humidité provoquée par le défaut d'étanchéité des toitures. En conséquence, la toile du plafond peint par un certain Voillemot, une Allégorie de la Musique et de laPoésie entourées d'Amours voletant dans les nuages, pendait par lambeaux. Elle a retrouvé la fraîcheur de ses roses et de ses bleus pâles. Miraculeusement préservé dans son état Second Empire, le théâtre a fait l'objet d'une « conservation restauration » qui a permis de maintenir l'intégralité des décors et des dispositifs d'origine. En accord avec les sapeurs-pompiers, il a été décidé de ne pas mettre en place le rideau de fer qui crée une séparation étanche entre la salle et la scène en cas d'incendie. Quant au système de désenfumage, il a pu être installé de façon invisible en utilisant les aérations ménagées tout autour du plafond pour évacuer la fumée du grand lustre. La modernisation et la remise aux normes de sécurité du théâtre, dans le but d'en faire une salle de spectacle capable de fonctionner normalement, aurait conduit à détruire tout ce qui en fait le charme et aussi la valeur documentaire. À l'issue de la restauration, dont les tranches suivantes ne sont pas encore financées, c'est un véritable conservatoire des arts de la scène au XIXe siècle que pourra admirer le public. Une dizaine de représentations pourront y avoir lieu chaque année, forcément coûteuses car elles supposent notamment le déménagement de tous les sièges dont les garnitures d'origine ne supporteraient pas le poids de nos modernes postérieurs...
1660 mètres de damas de soie
Tous les meubles et le décor mobilier ont également été nettoyés et restaurés sous la direction de Vincent Cochet, conservateur du patrimoine. Les panneaux de tissus, capitonnés pour certains, les moquettes, les garnitures de sièges ont été aspirés et « gommés », les manques comblés. « Un projet de restauration du théâtre élaboré dans les années 90 prévoyait de retisser 1660 m de damas jaune, nous n'en avons fait retisser qu'une trentaine de m », précise Vincent Cochet. En revanche, il a fallu remplacer le velours bleu des banquettes du parterre, rongé par la teinture chimique employée au XIXe siècle, ainsi que la moquette à grandes fleurs dudit parterre : un lieu humide laissé 150 ans sans chauffage n'est pas l'ami des tapis ! L'éclairage particulièrement réussi combine halogènes et leds, permettant de recréer une ambiance proche de l'éclairage d'origine qui alliait les bougies, pour leur côté « Ancien Régime », et les lampes à huile mécaniques dites Carcel, pour leur efficacité. Le grand lustre doré de la salle, tombé en 1926 (il n'avait alors blessé que quelques banquettes), gisait en pièces détachées dans les réserves. Une enquête minutieuse a permis de lui rendre son apparence, et de reconstituer les cristaux perdus. Le même soin dans la reconstitution a été porté aux simples lanternes de fer battu qui éclairent les couloirs. Elles ont retrouvé leurs lampes à réflecteur. Aujourd'hui, le public admis à voir le théâtre dans le cadre d'une visite guidée sur le thème du Second Empire, emprunte le trajet des souverains depuis les grands appartements. Au bout de l'immense corridor de l'aile Louis XV, une porte s'ouvre sur un escalier descendant vers un vestibule drapé de sombres tentures. Une autre porte s'ouvre, et c'est l'éblouissement. Nous sommes dans le foyer de l'empereur, avec ses murs de soie jaune « boutonnée » et sa coupole octogonale décorée au pochoir. Quelques pas encore et nous arrivons dans la loge où prenait place le couple impérial. Si le mot de « magie » a encore un sens, alors il s'applique ici.

Au musée du Louvre, le XVIIIe en majesté

Une des salles du département XVIIIe : les boiseries, dans le grand goût parisien des années 1700, proviennent de l’hôtel Le Bas de Montargis place Vendôme. Les tapisseries à fils d’argent sont d’après Berain, le lustre de Boulle (©Musée du Louvre/ Olivier Ouadah)
Une des salles du département XVIIIe : les boiseries, dans le grand goût parisien des années 1700, proviennent de l’hôtel Le Bas de Montargis place Vendôme. Les tapisseries à fils d’argent sont d’après Berain, le lustre de Boulle (©Musée du Louvre/ Olivier Ouadah).

Après de longues années de fermeture, le musée du Louvre dévoile au public le 6 juin le nouveau parcours des collections de mobilier et objets d’art du XVIIIe siècle, ponctué de magnifiques décors et boiseries.


C'était la dernière phase du réaménagement du département des Objets d'art, programmée dans le cadre des travaux du Grand Louvre. L'accouchement fut un peu laborieux, neuf ans de « travail », durant lesquels trois conservateurs en chef du département se sont succédé, de Daniel Alcouffe qui entreprit les études préliminaires dès 2004 à Jannic Durand, nommé en juin 2013, sans oublier bien sûr Marc Bascou et l'équipe de conservateurs à qui revient l'essentiel de la conception du projet muséographique, avec l'architecte d'intérieur Jacques Garcia. Les travaux proprement dits ne débutèrent qu'à l'automne 2011, la maîtrise d'ouvrage étant assurée par Michel Goutal, architecte en chef des Monuments historiques. Parmi les difficultés rencontrées figure la création de deux nouveaux escaliers, imposée par la préfecture de Police pour faciliter l'évacuation du public. À vrai dire, ces escaliers existaient au XVIIIe siècle, réalisés par Jacques-Germain Soufflot de part et d'autre de l'actuel pavillon Marengo. Ils ont inspiré le tracé des nouveaux escaliers, avec leur « palier traversant » qui permet de ne pas interrompre la circulation entre les salles. La vie des palais est un éternel recommencement !

Le retour des installations

« Installations », par Itzhak Goldberg, CNRS éditions, 320 pp., 25 €

Professeur d’histoire de l’art à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne et journaliste à ses heures, Itzhak Goldberg prend à bras le corps l’installation, qui n’est ni sculpture, ni happening.


Qu'elle soit éphémère ou permanente, qu'elle fasse intervenir le son ou la lumière, qu'elle implique ou non l'action du visiteur, l'installation est une notion floue et adaptable. L'auteur en précise cependant les limites, les liens avec l'espace qui l'environne, la fonction perturbatrice. Du Vide d'Yves Klein en 1958 jusqu'aux dernières installations des Kabakov (« Connaissance des Arts » n° 726), l'auteur s'appuie sur des exemples connus mais traque parfois des oeuvres négligées comme les travaux de Pierrette Bloch(dans un chapitre peu politiquement correct sur les « Ouvrages de dames ») ou de Shimon Attie (« Cette rencontre inopinée avec un espace transfiguré peut se transformer en une révélation »). Un ouvrage indispensable pour l'amateur d'art contemporain.